SORTIE D’AUTOMNE – LE 19 NOVEMBRE 2025
Dans le cadre de la reprise de nos activités, l’association a permis ce mercredi 19 novembre 2025, à 21 personnes – la plupart lévoises et membres de l’association de participer à la sortie sur Paris prévue depuis quelques mois.
Patrimoine et histoire du Moyen-Age étant au centre de la vie de notre association , nous avions choisi le 5è arrondissement, un des berceaux historiques de Paris qui réunit
de nombreux témoins de son histoire.
En plein cœur de cet arrondissement, se trouve le quartier Latin. Son nom remonte au Moyen-Âge, lorsque les maîtres dispensaient leur enseignement et leur savoir aux étudiants uniquement en langue latine. On peut y découvrir des collèges et des lycées très renommés, mais surtout la prestigieuse université de la Sorbonne Notre m
atinée a donc été consacrée à la visite de ce bâtiment. Pour beaucoup d’entre nous, ce fut une vraie découverte.
Maria notre sympathique et très intéressante guide commencera sa visite dans la cour d’honneur, rue de la Sorbonne, où l’on peut encore voir les traces sur le sol de la première chapelle du collège fondé par Robert de Sorbon dans les années 1250. Sur la droite se dresse la chapelle saint Ursule, mélange de traditions françaises et italiennes, élevée entre 1634 et 1642. Là repose le Cardinal Richelieu, qui en devint le proviseur en 1622 et en financera la première grande réfection en 1627. Malheureusement, elle ne se visite pas pour des raisons de sécurité, mais des travaux de restauration ont commencé et l’espoir d’une réouverture au public est d’actualité.
Par la rue des Ecoles, nous pénétrons à l’intérieur du bâtiment où s’offre à nos yeux un immense hall et un hall où le plan de ce bâtiment est représenté, avec ses accès et la répartition des pi
èces. Après avoir gravi un majestueux escalier surgit un vaste espace quadrangulaire aux hautes colonnes cannelées : le péristyle – entouré de peinture représentant les grands évènements qui se sont déroulés dans ce bâtiment – et qui donne accès à une succession de salons de réception tous plus beaux les uns que les autres tant par leurs p
lafonds, leur mobiliers, et leurs décorations (toujours utilisés aujourd’hui pour les grandes cérémonies.
Nous terminerons par le « bouquet final » : le Grand Amphithéâtre. Avec ses nombreux décors célébrant les Lettres, les Sciences et les Arts, le lieu est désormais classé au titre de monuments historiques. Inauguré le 5 août 1889, Il s’étend sur 2 630 m2 et a la possibilité d’accueillir près de 1 000 personnes. Depuis des décennies, il est devenu le lieu de nombreuses manifestations, conférences, tables rondes, concerts et même défilés de mode.Lieu symbolique, il est notamment choisi pour la remise de diplômes universitaires et de prix. Il est composé de dix tribunes réparties sur deux étages, avec tout autour des gradins. Au sein de la coupole, on trouve également cinq grands médaillons qui représentent les cinq Facultés constituant la Sorbonne en 1889 : le Droit, la Médecine, les Sciences, les Lettres et la Théologie. Au-dessus de l’estrade, s’étend la toile marouflée Le Bois Sacré réalisée par Puvis de Chavannes, qui célèbre les Lettres, les Sciences et les Arts sur ses 25 mètres de long.
Nous sommes tous ressortis impressionnés par ce lieu si connu de nom mais bien méconnu pour sa beauté.
Après un excellent déjeuner à la brasserie Balzar, datant de 1894 à quelques mètres, nous prendrons la direction du Musée de Cluny de son nom officiel musée national du Moyen Âge – thermes et hôtel de Cluny ,lui aussi tout juste à côté.
Ce musée a fait l’objet d’une première phase de travaux, inaugurée le 14 juillet 2018, comprenant une extension de 400 m2 permettant la création d’une billetterie pour visites guidées, une librairie-boutique, des vestiaires et des sanitaires], et à l’étage, une salle polyvalente d’expositions temporaires, ainsi que des espaces pédagogiques. La seconde phase, qui a ouvert le 12 mai 2022, a porte sur la refonte des parcours muséographiques et scénographiques, pour offrir un parcours de visite chronologique et thématique plus cohérent, permettant l’accessibilité de la totalité des espaces.
Adossé aux vestiges des thermes romains de Lutèce, ce musée possède l’une des plus importantes collections mondiales d’objets et d’œuvres d’art de l’époque médiévale.
La visite guidée choisie avait pour thème « La vie au Moyen Age ». Après nous avoir présenté les quelques incontournables de ce musée telles les têtes de la galerie des rois de Juda de Notre-Dame de Paris, Couronnes votives du trésor de Guarrazar, les chapiteaux et les signes astrologiques…notre guide nous a donc principalement emmenés dans des salles où des objets très anciens permettaient de très intéressants commentaires sur les us et coutumes du Moyen Age.
Dans une première étape, ce sont les habitudes de cette époque pour prendre les repas et les nourritures consommées suivant son rang social qui nous ont intéressés (avec des vitrines montrant vaisselle, ustensiles et aussi des aquamaniles pour se laver les mains !!)Puis nous avons découvert l’importance des jeux au Moyen Age en nous arrêtant devant les vitrines montrant des boîtes à jeux, des cartes, des monnaies. On connaissait les échecs, les jeux de cartes, la roulette ;le trictrac..Les sociétés médiévales attachaient aussi une grande attention à l’apparence, notamment au vêtement, et se préoccupent de l’hygiène on prenait des bains : tout cela s’accompagnait d’une intense production d’objets liés à la toilette, visibles dans certaines vitrines ou sur des tapisseries.La vie seigneuriale tournait autour de la broderie, de la promenade, de la lecture, des scènes galantes, la chasse: les tapisseries à fonds de millefleurs en témoignent


LA PROMENADE LA LECTURE

LE DEPART A LA CHASSE LA BRODERIE
ALLEGORIE DE L’ARITHMETIQUE : cette tapisserie fait partie d’un autre groupe de tapisseries illustrant toutes des arts libéraux (musique, rhétorique, astronomie..) dont étaient friands les érudits du Moyen Age.
Nous nous sommes aussi arrêtés devant ce long tableau sur bois -un des rares témoignages de la peinture parisienne au milieu du 15e siècle – où s’alignent les membres de l’opulente famille Jouvenel des Ursins. Celle-ci comprend en effet un prévôt des marchands de Paris, un président du Parlement de Poitiers, deux évêques et archevêques, un chancelier royal. Parmi les dames, se trouvent une veuve, deux religieuses, et deux femmes mariées reconnaissables à leur coiffure à cornes. Un témoignage de ce qu’était une famille très riche.Nous avons terminé notre visite par les célèbres tapisseries de la Dame à la Licorne.
Cinq de ces représentations forment une allégorie des cinq sens, symbolisés par l’occupation à laquelle se livre la Dame[1Le toucher : la dame tient la corne de la licorne dans sa main ainsi que le mât d’un étendard
Le goût : la dame prend ce qui pourrait être une dragée d’une coupe que lui tend sa servante, et
l’offre à un oiseau
L’odorat : pendant que la dame fabrique une couronne de fleurs, un singe respire le parfum d’une fleur, dont il s’est emparé
L’ouïe : la dame joue d’un petit orgue
La vue : la licorne se contemple dans un miroir tenu par la dame
La sixième tapisserie, celle du sixième sens, ne s’interprète que par déduction de l’hypothèse des cinq sens. On peut y lire, la devise « Mon seul désir » au haut d’une tente bleue.
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| LE TOUCHER – LE GOÛT – L’OUIE |
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| L’ODORAT – LA VUE – LE SIXIEME SENS |
De tous temps cette bête légendaire à corne unique intéresse les théologiens, médecins, naturalistes, poètes, alchimistes, psychologues.Son aspect symbolique très riche l’associe à la dualité de l’être humain, la recherche spirituelle, l’expérience du divin, la femme vierge, l’amour et la protection. Au Moyen Âge et à la Renaissance, on la décrivait généralement comme une créature des bois extrêmement sauvage, un symbole de pureté et de grâce , qui ne pouvait être capturée que par une vierge. D’après la légende, sa corne longue et torsadée serait sa source de pouvoir et lui permettrait de guérir les blessures les plus profondes.
Ce musée est une mine pour qui aime et veut approfondir ses connaissances sur le Moyen Age, son histoire, ses pratiques, ses représentations. Cette visite donne vraiment envie de revenir pour découvrir d’autres thèmes sur cette époque si riche.
Cette sortie était une première dans le cadre des actions liées aux Amis de l’Abbaye de Josaphat : son succès permet d’envisager le renouvellement de ce type d’activité en 2026, sur une journée ou une demi-journée. Des projets sont en cours d’étude et seront bientôt dévoilés.