L’Abbaye Notre-Dame de Josaphat à Lèves
Fondation d’Aligre et Marie-Thérèse
En 1116, Geoffroy de Lèves fut élu évêque de Chartres. Ayant fait quelque temps auparavant le vœu d’accomplir un pèlerinage à Jérusalem, vœu que ses nouvelles responsabilités ne lui permettaient plus de respecter, il s’en remit au pape Pascal II qui l’invita à accepter son élection comme évêque et à remplacer le pèlerinage prévu par une fondation pieuse.
C’est ainsi qu’en 1117, l’évêque Geoffroy de Lèves et son frère Gauslin, seigneur de Lèves, fondèrent l’abbaye Notre-Dame de Josaphat, sur leurs terres ancestrales, en bordure de l’Eure, au nord de ce qui est devenue l’agglomération chartraine. La similitude de la topographie du terrain de Lèves avec la vallée de Josaphat, près de Jérusalem, fit que Geoffroy et son frère décidèrent d’appeler l’abbaye d’après le nom de ce lieu symbolique proche du Mont des Oliviers. Calixte II et Louis VI confirmèrent la propriété de cette abbaye en 1119. C’est en 1168 que l’église abbatiale fut consacrée.
Elle contenait de nombreuses sépultures, dont six sépultures d’évêques de Chartres.
Les vestiges de l’ancienne l’abbaye, redécouverts lors des fouilles au 19e siècle, comportent trois parties distinctes, dont plusieurs éléments sont classés ou inscrits aux Monuments Historiques : le cloître de l’ancienne abbaye bénédictine de Coulombs transporté à Lèves après la Révolution, les vestiges de l’église abbatiale comportant notamment le tombeau de Jean de Salisbury, et le dépôt lapidaire.
Les fouilles de 1905, menées par l’abbé Charles Métais, révélèrent des tombes des XIIe et XIIIe siècles, dont celles de Jean de Salisbury (évêque de Chartres, † 1180) et Lucia de Lèves, ainsi que des pierres tombales et des gisants, aujourd’hui conservés au dépôt lapidaire de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Josaphat. Ces vestiges, classés Monuments Historiques en 1914-1915, témoignent de l’importance funéraire et religieuse du site.
L’abbaye subit des destructions majeures : incendiée par les Anglais en 1432 et 1466, pillée par les Calvinistes en 1564, puis partiellement restaurée au XVIIe siècle par la Congrégation de Saint-Maur. À la Révolution, elle fut en partie démolie (1792), et ses ruines intégrées à l’établissement hospitalier au XIXe siècle.
Le site, traversé par la Via Turonensis (un des chemins de Compostelle), abritait aussi une source réputée pour ses vertus thérapeutiques.
Consulter le site : Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes : Abbaye Notre-Dame de Josaphat à Lèves
Pillée et incendiée par les anglais à la fin de la guerre de Cent ans, l’église se relève mais est détruite par les protestants en 1564 pendant les guerres de religion. Elle est restaurée au 17e siècle, dont on remarque le style au niveau de la façade principale. Au 19e siècle, une partie du cloître de l’ancienne abbaye de Coulombs, près de Dreux, fut transportée et réinstallée ici. C’est également à cette époque que la famille d’Aligre, alors propriétaire, décide d’en faire un hospice pour les nécessiteux.
Il semblerait que les premiers moines venaient du monastère de Fourmetot, ravagé par la guerre.
Incendiée en 1432 et 1466 par les Anglais, elle fut ruinée par les Calvinistes en 1564, puis restaurée en entrant dans la Congrégation de Saint-Maur en 1640.
La congrégation de Saint-Maur, souvent connue sous le nom de Mauristes, était une congrégation de moines bénédictins français, créée en 1618, et connue pour le haut niveau de son érudition. La congrégation et ses membres tirent leur nom de saint Maur (décédé en 565), disciple de saint Benoît auquel on attribue l’introduction en Gaule de la règle et de la vie bénédictines.
Elle a été supprimée en 1790 par l’Assemblée constituante.
Il y restait sept Mauristes en 1768.
L’église fut démolie en 1791. Les bâtiments du monastère, conservés, furent utilisés à partir de 1816 pour abriter un orphelinat.
En 1818 fut officiellement constitué l’Hospice Marie-Thérèse, placé sous le patronage de la fille de Louis XVI, duchesse d’Angoulême, et destiné à accueillir à la fois les enfants trouvés et abandonnés et les malades incurables du département.
En 1828 fut créé dans les mêmes locaux l’Asile d’Aligre, du nom de ses fondateurs, le marquis et la marquise d’Aligre, destiné à accueillir des vieillards, hommes et femmes.
Ce qui subsistait des anciens bâtiments de l’abbaye fut détruit en 1881, pour laisser la place à des constructions mieux adaptées à la nouvelle destination du site.
Depuis près de 200 ans, le site de l’ancienne Abbaye Notre-Dame de Josaphat accueille la Fondation d’Aligre et Marie-Thérèse au cœur d’un parc de dix hectares, sur les bords de l’Eure, aux portes de Chartres.
Plus de 300 résidents, personnes âgées et handicapées, vivent au sein de cet établissement unique en Eure-et-Loir, dont le principal partenaire financier est le Conseil départemental.
Un patrimoine historique séculaire
L’abbaye de Josaphat, construite en 1117 en bordure de l’Eure, fut en partie détruite à la Révolution, et devint propriété de la famille d’Aligre.
En 1818, est créé l’hôpital Marie-Thérèse, qui accueillait les enfants trouvés.
En 1828, le Marquis d’Aligre créé « l’Asile d’Aligre » qui avait vocation à accueillir les nécessiteux.
En 1968 que les deux structures furent réunies sous le nom de « Fondation d’Aligre et Marie-Thérèse », pour être érigées en un seul et même établissement public départemental.
En 1975, deux unités d’hébergement spécifique furent créées, l’une destinée aux personnes âgées dépendantes, l’autre aux adultes handicapés.
Enfin, depuis le 1er janvier 2006, ces deux établissements ont enfin été réunis en une seule entité juridique, consacrant le fonctionnement de la Fondation d’Aligre et Marie-Thérèse.
Vous êtes amoureux de l’histoire locale? Vous souhaitez vous impliquer pour la sauvegarde du patrimoine? Rejoignez-nous au sein de l’association des Amis de l’abbaye de Josaphat.
Créée en 2015 en vue de préparer la célébration des 900 ans de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Josaphat à Lèves (1117-2017), cette association a pour objectif de faire connaître l’histoire de l’abbaye, de participer à la sauvegarde et à la mise en valeur de ses vestiges, d’organiser des évènements et de tisser des liens durables avec les autres abbayes bénédictines d’Europe.
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